
Le marché de l’art n’est pas en crise, il est en pleine maturité. Après les années d’euphorie post-Covid, 2026 marque l’entrée dans une ère de « réalisme constructif ».
Chez Artivens, nous ne voyons pas d’effondrement des prix, mais un réalignement salutaire : les achats impulsifs laissent place à une construction de collection réfléchie, plus lente et plus stratégique.
Les éditions et multiples : la nouvelle valeur refuge
Longtemps perçu comme un marché secondaire, le segment des estampes et multiples est devenu un pilier structurel en 2026.
Pour les budgets inférieurs à 50 000 €, c’est aujourd’hui le secteur le plus dynamique et liquide.
Investir dans des éditions signées de grands noms (Warhol, Hockney, Lichtenstein…) n’est plus un « lot de consolation », mais une stratégie d’entrée intelligente.
C’est la porte d’accès privilégiée pour les nouveaux collectionneurs qui cherchent à sécuriser leur patrimoine avec des valeurs historiques sans s’exposer à la volatilité des œuvres uniques mineures !
Le « Mid-Market » : le nouveau centre de gravité
Oubliez la chasse aux trophées à 50 millions de dollars qui font les gros titres. La véritable activité se concentre désormais sur la tranche comprise entre 100 000 € et 2 millions d’euros.
Ce segment privilégie les artistes en milieu de carrière, dont la cote est testée mais pas saturée. Les collectionneurs expérimentés y réallouent leurs capitaux, cherchant de la sécurité dans la peinture et la sculpture figurative. C’est ici que se joue la stabilité du marché en 2026, loin de la spéculation effrénée des jeunes talents sur-médiatisés.
Le retour du « Fait-Main » face au tout-digital
Si l’art numérique a atteint sa maturité (d’un côté l’art des nouveaux media qui se maintient, de l’autre le monde des NFT sans fondement qui ne fait plus efet…), la contre-tendance majeure de 2026 est le retour viscéral à l’artisanat et à la matière.
Face à un monde automatisé par l’IA, le collectionneur cherche la trace de la main, l’imperfection intentionnelle et la texture organique.
La peinture « néo-figurative » s’impose comme le langage dominant. Il ne s’agit pas d’un retour au classicisme, mais d’une figuration intellectuelle qui aborde l’identité, la mémoire et le corps.
Ce mouvement est omniprésent, des foires internationales aux acquisitions muséales, confirmant que l’émotionnel et le tangible restent les vecteurs de valeur ultimes.
Le Moyen-Orient : le nouvel axe culturel mondial
2026 est l’année du basculement géographique vers le Golfe. L’ouverture tant attendue du Guggenheim Abu Dhabi et le lancement d’Art Basel au Qatar ne sont pas de simples événements mondains : ils actent une légitimation institutionnelle.
Ce n’est plus seulement un marché de capitaux, mais un écosystème complet.
Avec des musées de rang mondial et des foires structurantes, la région attire désormais les collectionneurs internationaux et les artistes, redéfinissant les circuits traditionnels dominés par New York, Londres et Paris.
Femmes et Gen Z : les nouveaux décideurs
Le profil de l’acheteur a radicalement changé. Les collectionneuses de moins de 40 ans dépensent aujourd’hui 46% de plus que leurs homologues masculins, privilégiant une approche éthique et un lien direct avec les artistes.
Parallèlement, la génération Z et les Millennials imposent leurs règles : plus de recherche, moins de tendances suivies aveuglément.
66% des collectionneurs ont acheté des œuvres d’artistes découverts il y a moins de deux ans, prouvant que si le marché ralentit, la curiosité, elle, ne faiblit pas.
Sources :
Artsy, Artnet News
Art Basel & UBS Art Market Report 2025
IMF World Economic Outlook
Bank of America Art Market Update


